Carême 2015

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Mercredi des Cendres – 18 février 2015

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Recevoir les méditations


Introduction

Nous sommes toujours dans cette Année de la Vie Consacrée. Aussi pendant ce Carême, comme pendant l'Avent, nous plongerons dans la même source pour nos méditations : les messages que le Pape François a envoyés aux religieux (ses), qui peuvent aussi accompagner tout un chacun sur sa route vers Pâques. Car pour tous, le programme est le même : revenir au Seigneur, le remettre toujours à nouveau au centre de nos vies, nous nourrir de Lui, plus que de tout autre chose.


1er dimanche

« Je voudrais dire à ceux qui se sentent indifférents à l'égard de Dieu, de la foi, à ceux qui sont éloignés de Dieu, et à nous aussi avec nos « éloignements » et nos « abandons » à l'égard de Dieu, petits sans doute, mais qui sont si nombreux dans la vie quotidienne : regarde au plus profond de ton cœur et demande-toi : ton cœur a-t-il conservé l'inquiétude de la recherche ou l'as-tu laissé s'étouffer par les choses qui finissent par l'atrophier ? » (Pape François)

Ces derniers mots ne sont-ils pas si justes ? Oui, vraiment, beaucoup de choses, de paroles, d'objets, nous divertissent, au sens propre c'est-à-dire nous déroutent, nous font dévier, et finissent effectivement par atrophier notre cœur, ce lieu de la relation avec le Seigneur. Le Carême est le temps d'entraînement que nous donne l'Eglise pour nous décharger, nous délester, nous alléger. Rendre plus libre notre cœur de ses mouvements. Il ne s'agit pas de se priver pour faire pénitence, pour se faire du mal parce que plus on souffrirait, plus on serait sauvé ! Il s'agit de mettre notre cœur un peu plus au large pour faire une place encore et toujours plus grande pour le Seigneur. Et ça, c'est pour notre vie, notre bonheur, notre joie ! Alors en avant pour un Carême joyeux !


2è dimanche

« Quand on rencontre un séminariste, un prêtre, une sœur qui tire une tête longue, triste, qui donne l'impression qu'on a jeté sur sa vie une couverture bien trempée, de ces bien lourdes couvertures … qui tirent vers le bas … Il y a quelque chose qui ne va pas ! Alors s'il vous plaît : jamais de sœurs, jamais de prêtres avec une tête de « piment au vinaigre », jamais ! La joie vient de Jésus ! » (Pape François)

Le Pape François, avec le langage imagé qu'on lui connaît !!!, invite les religieux et les prêtres à la joie, mais ça vaut évidemment pour tout chrétien !!! Cependant, il n'appelle pas à l'optimisme béat et naïf du « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » ! Il reconnaît ainsi que « la joie ne s'exprime pas de la même manière à tous les moments de la vie, spécialement dans les moments de grande difficulté » (Aux religieux de Corée, 16.08.2014), mais qu' « elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude d'être infiniment aimé » (Evangelii Gaudium 6)

Oui, la joie – qui n'est pas la rigolomanie continuelle – doit demeurer car « la joie vient de Jésus ». C'est d'ailleurs uniquement ainsi qu'elle peut vraiment être. Elle vient de Jésus, il nous faut donc fixer (ça dit l'insistance!) notre regard sur Jésus, toujours. Et c'est bien ça le but du Carême : revenir au Seigneur, s'entraîner à le prendre comme seule référence, comme centre de ma vie, car il est ma vie et ma joie ! Sauf bien sûr si nous sommes « des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques » ! (Evang. Gaud 6)



Carême : désert, solitude, prière...

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3è dimanche

Il s'agit de vivre « une pauvreté qui enseigne la solidarité, le partage et la charité, et qui s'exprime également dans une sobriété et une joie de l'essentiel, pour mettre en garde contre les idoles matérielles qui offusquent le sens authentique de la vie. » (Pape François)

Pour st François et ste Claire, la pauvreté n'est pas une ascèse, une pénitence. Il ne s'agit pas d'être pauvre pour être pauvre, mais pauvre parce que, en Jésus, Dieu se fait pauvre, et que ma vie et mon bonheur c'est d'être, de revenir « à son image,selon sa ressemblance » (Gn 1, 26). Dieu se fait pauvre à la crèche et à la croix. Il se fait pauvre, dit st Paul, pour que nous devenions riches de sa pauvreté (2Co 8, 9). En quoi serons-nous riches si nous donnons ? En quoi serons-nous riches si nous vivons dans la sobriété ? Prenons la question dans l'autre sens : en quoi serai-je plus riche si je garde tout ce que j'ai, si je ne veux rien lâcher, et que je cherche toujours à en avoir plus ? En rien, car, nous dit st François, pour défendre tes richesses il te faudra des armes, et tu seras toujours sur les dents, un véritable Harpagon ! Et aussi, nous dit le pape François, « on n'a jamais vu un camion de déménagement avancer derrière un cercueil ! » Tout ce que je donne, matériellement, mais aussi mon temps, mes compétences, tout cela ne sera pas perdu, et en plus, nous dit encore st François, ça nous prépare un bon magot dans le ciel ! Avis aux investisseurs !!!



4è dimanche

« C'est le Christ qui vous a appelées à le suivre dans la vie consacrée et cela signifie accomplir continuellement un « exode » de vous-mêmes pour centrer votre existence sur le Christ et son Evangile, sur la volonté de Dieu, en vous dépouillant de vos projets, pour pouvoir dire avec St Paul : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Cet « exode » de soi signifie se placer sur un chemin d'adoration et de service. » (Pape François)

Centrer son existence sur le Christ, c'est la raison d'être des consacrés, mais aussi avant tout de chacun des chrétiens ! Et son existence, ce n'est pas seulement, pour nous religieux, quand nous sommes à la chapelle, ou pour tout chrétien, le temps de la messe du dimanche, comme si le reste de notre vie ne concernait pas le Christ ! En commentant l'Evangile de dimanche dernier (la purification du temple), le pape François dit : « Le disciple de Jésus ne va pas à l'église seulement pour observer un précepte, pour se sentir en règle avec un Dieu qui, ensuite, ne doit pas trop nous déranger ! » Il s'agit d'établir un lien, une unité dans notre vie de chrétien. Le Christ vit en moi pas seulement si je passe beaucoup de temps à l'église, mais si je lui permets d'être aussi avec moi à la cuisine, au bureau, à la piscine, à l'école, à l'hôpital … etc. C'est pourquoi le pape parle « d'adoration et de service » : aimer, vivre avec Dieu et le prochain, c'est tout un. Entraînons-nous en ce Carême à faire de notre cœur la véritable et continuelle demeure du Seigneur, sans doute une demeure qui ressemble souvent plus à une pauvre chaumière qu'à un château … mais où il se sente accueilli et aimé.


5è dimanche

« Avant tout, la vie religieuse aide principalement l'Eglise à réaliser « l'attraction » qui la fait croître, parce que devant le témoignage d'un frère, d'une sœur qui vit vraiment la vie religieuse, les gens se demandent « qu'est-ce qu'il y a là ? Qu'est-ce qui pousse cette personne au-delà de l'horizon du monde ? » (Pape François)

Un chrétien, comme un religieux, n'a pas à chercher à se faire remarquer, à être original. Mais sa vie, qui devrait être comme celle de Jésus, tournée vers le Père et vers le prochain, ne peut que poser question, peut-être encore plus dans notre société d'aujourd'hui, et donner envie, voire faire envie ! Les Grecs qui veulent voir Jésus (cf évangile de ce dimanche) vont trouver les apôtres. Quelque chose de ce qui est vécu par ces hommes avec Jésus les intrigue. Oui, on peut dire qu'il y a effectivement « attraction », étonnement, envie de vivre aussi cette relation, une relation qui donne vie et bonheur. Ste claire demande à ses sœurs de manifester au-dehors l'amour qui les habite au-dedans, cet amour que le Seigneur leur donne et qu'elles entretiennent. Le Seigneur nous a aimés jusqu'à mourir pour nous, il nous aime jusqu'à nous donner sa vie. Alors laissons vivre cet amour en nous, aidons-le à porter du fruit en nous, pour qu'il nous nourrisse, pour qu'il déborde et donne envie, parce qu'il donne la vie !



Carême : le jeûne

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Dimanche des Rameaux

« L'amitié de Jésus à notre égard, sa fidélité et sa miséricorde sont le don inestimable qui nous encourage à poursuivre avec confiance notre marche à sa suite, malgré nos chutes, nos erreurs, et aussi nos trahisons. Mais cette bonté du Seigneur ne nous dispense pas de la vigilance face au tentateur, au péché, au mal. Tous nous sommes exposés au péché, au mal, à la trahison. Mais le Seigneur nous prend toujours par la main, afin que nous ne nous noyions pas dans la mer du désarroi. Il est toujours à nos côtés, il ne nous laisse jamais seuls. » (Pape François)

Nous entrons dans la Semaine Sainte. La Grande Semaine, disent nos frères Orientaux, parce que au cours de cette Semaine, nous allons faire mémoire, nous souvenir, de ce grand don jusqu'à l'extrême que fit Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, pour nous. La plus grande preuve de son amour, de son amitié sans faille pour nous, « alors que nous étions encore pécheurs » dit Paul aux Romains (5, 8), « malgré nos chutes, nos trahisons » dit le Pape François. On pourrait tomber dans le piège avec des auditeurs de Paul (Rm 6, 15) : on peut faire ce qu'on veut puisque Dieu nous pardonne, il nous aime.Eh bien non, il nous faut rester vigilants, reconnaissant notre faiblesse. Au jardin des Oliviers, devant Pilate, devant les chefs juifs, on verra des gens avoir peur, abandonner Jésus, fuir, et d'autres (surtout des femmes!!! …) rester, demeurer auprès du Seigneur. Le Pape nous l'a demandé l'an dernier aux Rameaux : à qui allons-nous nous identifier ? Sans doute la réponse peut ne pas être brillante … Mais c'est là que Dieu nous sauve ! Il évite notre noyade dans le désarroi. Un chrétien peut tomber, il tombe assurément, et plusieurs milliers de fois dans sa vie, et même parfois très bas, mais ce n'est pas grave. Aucune chute n'est grave, à condition de toujours se relever, en prenant la main que le Seigneur nous tend. Tomber, pécher, ce n'est pas grave. Mais ne pas reconnaître notre chute, notre péché, et s'enfoncer dans ce chemin, refuser de prendre la main du Seigneur qui seule peut nous relever, ça, ce n'est pas seulement grave, c'est mortel !

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Pâques

« Le centre de la vie doit être Jésus. Si, au centre de la vie, il y a le fait que je suis contre l’évêque, contre ma supérieure, toute ma vie est prise par cette lutte. Mais cela signifie perdre sa vie ! Ne pas avoir d’enfants, ne pas avoir l’amour conjugal, qui est bon et qui est si beau, pour finir sa vie en se disputant avec son évêque, avec sa supérieure, avec les fidèles, avoir une « tête de vinaigre », mais ce n’est pas un témoignage ! Le témoignage, c’est Jésus, le centre est Jésus. Et alors, il y a quand même ces difficultés, il y en a partout, mais on les aborde autrement. Personne ne m’enlève la joie : la joie, c’est d’aller derrière Jésus ! » (Pape François aux prêtres et consacré(e)s de Naples, mars 2015)


Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia !

C’est Pâques, c’est la joie ! Cette joie à laquelle le pape François nous invite continuellement ! Mais combien de personnes aujourd’hui dans le monde auront au cœur la guerre, la violence, la peur, la souffrance ! C’est le quotidien de tellement de personnes aujourd’hui, y compris des femmes et des enfants massacrés, des religieuses violées ! Pour ne pas sombrer dans le désespoir, dans le « à-quoi-bon » du rabat-joie ambiant, il faut garder au centre Jésus. Oui, il est ressuscité, c’est-à-dire qu’il a traversé la mort. La mort n’a pas eu le dernier mot, contrairement aux apparences ! C’est à cela seulement qu’un chrétien doit s’accrocher, parce que les apparences aujourd’hui nous entraîneraient si facilement ailleurs ! Le Christ ressuscité, quand il se montrera à ses apôtres, aura aux mains et aux pieds la marque des clous : pas d’angélisme, la résurrection, ce n’est pas la suppression de la mort, de la douleur, de l’injustice. La résurrection, c’est l’amour, la vie, la joie, la paix plus forts que tout, malgré tout. Voilà de quoi nous devons vivre et témoigner dans notre quotidien. C’est de cela avant tout que le monde a tant besoin. Forts de l’Amour plus fort que la mort, dans notre petit quotidien, à notre petite mesure, montrons, disons, crions la force de la Résurrection de Jésus, le Christ. C’est Lui seul qui sauve le monde ! Alléluia !


Christ est Ressuscité, Alléluia ! Il est Vraiment Ressuscité Alléluia !

Joyeuses Pâques

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Monastère Sainte Claire de Mur de Barrez

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