Neuvaine 2016 : la miséricorde dans la vie de saint François

Introduction

En cette fin de l'année de la miséricorde, pour nous préparer à la fête de saint François, nous voulons contempler sa vie pour essayer de nous laisser envahir nous aussi par l'amour sans limite et sans mesure du Seigneur. Dès le début, François est comblé de la miséricorde du Seigneur, il le perçoit, en rend grâce : voilà la source de sa capacité à vivre une grande compassion envers toutes les créatures. S'il peut nous inviter sur ce chemin parfois exigeant, c'est parce que lui-même nous y précède ! Il se découvre aimé de Dieu, il aime Dieu, puis il veut imiter son Dieu d'amour, et il aime alors ses frères et sœurs, proches ou lointains, toute la création. Laissons-nous entraîner par cet amoureux de Dieu !

1er jour :

« A tous les vrais amants de l'humilité et de la sainte pauvreté, la grâce de Dieu notre Sauveur s'est tout dernièrement manifestée en la personne de François son serviteur afin que son exemple puisse offrir à leur vénération la miséricorde surabondante de Dieu à son égard, et leur apprendre à renoncer une bonne fois à l'impiété et aux convoitises de ce monde, à conformer leur vie à celle du Christ, et à soupirer, d'un désir inlassable, après le Christ notre bienheureuse espérance. Il était vraiment pauvre et pénitent, et le Dieu très haut l'a regardé avec tant d'affection et de bonté, que non seulement il l'a tiré de l'indigence et de la poussière de sa vie mondaine, mais il l'a transformé en disciple, héraut et prédicateur de la perfection évangélique, et l'a dressé comme un phare pour tous les croyants, afin que, témoin lui-même de la Lumière, il préparât le chemin de lumière et paix qui doit conduire le Seigneur jusqu'au cœur de ses fidèles. » (Legenda Major de saint Bonaventure, prologue)

2è jour :

« Aimons tous, de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit, de tout notre pouvoir et courage, de toute notre intelligence, de toutes nos forces, de tout notre effort, de toute notre affection, de toutes nos entrailles, de tous nos désirs, de toutes nos volontés, le Seigneur Dieu qui nous a donné et nous donne à tous : tout notre corps, toute notre âme, toute notre vie ; qui nous a créés et rachetés ; qui nous sauvera par sa seule miséricorde ; qui, malgré nos faiblesses et nos misères, nos corruptions et nos hontes, nos ingratitudes et notre malice, ne nous a fait et ne nous fait que du bien. » (1ère Règle 23, 23-26)

3è jour :

« Un jour, confondu par la miséricorde du Seigneur qui répandait sur lui ses grâces, le bienheureux Père François souhaita connaître ce qu'il adviendrait de lui-même et des siens. Il se retira donc, comme il le faisait souvent, dans un lieu favorable à la prière, se plongea longuement avec crainte et terreur dans la contemplation du Maître de la terre entière, et revoyant dans l'amertume de son âme ses mauvaises années, il répétait : « Mon Dieu, aie pitié de moi qui suis un pécheur ! » Et peu à peu, une indicible joie et une grande suavité filtrèrent au plus intime de son âme ; le ravissement commença, et disparurent alors les angoisses et ténèbres qui s'étaient comme épaissies dans son âme à la pensée troublante de ses anciens péchés ; avec la certitude du pardon complet, l'assurance lui fut donnée qu'il pouvait se reposer sur la grâce. » (1ère Vie de Thomas de Celano 126)

4è jour :

« Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Quand j'étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m'était insupportable ; mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je les soignai de tout mon cœur. Et quand je les quittai, ce qui m'avait semblé amer s'était changé pour moi en douceur, pour l'esprit et pour le corps. » (Testament de saint François 1-3)

5è jour :

« Aimons notre prochain comme nous-mêmes. Et si quelqu'un ne veut pas ou ne peut pas aimer son prochain comme lui-même, qu'au moins il n'aille pas lui faire de mal, mais qu'il lui fasse du bien. Ceux qui ont été investis du pouvoir de juger autrui, qu'ils exercent leur charge de juge avec miséricorde, comme ils voudraient obtenir eux-mêmes miséricorde du Seigneur. Car il sera jugé sans miséricorde celui qui n'aura pas lui-même exercé la miséricorde. » (Lettre à tous les fidèles 26-29)

6è jour :

« Voici à quoi je reconnaîtrai que tu aimes le Seigneur, et que tu m'aimes moi, son serviteur et le tien : si n'importe quel frère au monde, après avoir pécher autant qu'il est possible de pécher, peut rencontrer ton regard, demander ton pardon, et te quitter pardonné. S'il ne demande pas pardon, demande-lui, toi, s'il veut être pardonné. Si mille fois ensuite il se présente à toi, aime-le plus encore que tu m'aimes, et cela pour l'amener au Seigneur. Aie toujours pitié de ces malheureux. » (Lettre à un ministre (frère responsable de fraternité) 5-7)

7è jour :

« Aimez vos ennemis, dit le Seigneur. Aimer vraiment son ennemi, c'est ne pas remâcher avec amertume les torts que l'on a subis ; c'est plutôt ressentir douloureusement, comme une offense à l'amour de Dieu, le péché que l'autre a commis et prouver à ce dernier, par des actes, qu'on l'aime toujours. » (Admonition 9)

8è jour :

« Bienheureux celui qui aimerait autant un de ses frères malade et incapable de lui rendre service, qu'un frère bien portant qui peut lui être utile. Bienheureux celui qui aimerait et respecterait autant son frère quand il est loin de lui que lorsqu'il est avec lui, et qui ne dirait pas derrière son frère ce qu'en toute charité il ne pourrait pas dire devant lui. » (Admonition 25)

9è jour :

« Où règnent charité et sagesse, il n'y a ni crainte ni ignorance.
Où règnent patience et humilité, il n'y ni colère ni trouble.
Où règnent pauvreté et joie, il n'y a ni cupidité ni avarice.
Où règnent paix et méditation, il n'y a ni désir de changement ni dissipation.
Où règne la crainte du Seigneur pour garder la maison, l'ennemi ne peut pratiquer nulle brèche pour pénétrer.
Où règnent miséricorde et discernement, il n'y a ni luxe superflu ni dureté de cœur. » (Admonition 27)