Méditations de Carême 2013 des clarisses du Monastère Sainte Claire de Mur de Barrez

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ANNEE DE LA FOI


« En cette année de la Foi, nous voulons nous mettre en route pour fortifier ou retrouver la joie de la Foi. Il est important, pour cela, que le Credo soit, pour ainsi dire, « reconnu ». Connaître, en effet, pourrait être une opération purement intellectuelle, alors que « reconnaître » signifie la nécessité de découvrir le lien profond entre les vérités que nous professons dans le Credo et notre existence quotidienne, pour que ces vérités soient vraiment et concrètement une lumière pour nos pas dans notre vie, une eau qui irrigue dans la sécheresse de notre chemin, une vie qui l’emporte sur les déserts de la vie contemporaine. Que les Chrétiens soient capables de rendre raison de l’Espérance qu’ils portent ! » (Benoît XVI, catéchèse du 17 oct 2012)


En ce temps de carême, dans l’Année de la foi, voici les quarante jours qui nous préparent à la célébration de Pâques : renouvelons notre engagement sur ce chemin de conversion, pour surmonter notre tendance à nous renfermer sur nous-mêmes et pour, au contraire, faire de l’espace à Dieu, en regardant avec ses yeux la réalité quotidienne. Se convertir signifie ne pas se renfermer dans la recherche de son propre succès, de son propre prestige, de sa propre situation, mais faire en sorte que, chaque jour, dans les petites choses, la vérité, la foi en Dieu et l’amour deviennent ce qu’il y a de plus important. Que résonne fortement en nous l’invitation à la conversion, à « revenir à Dieu de tout notre cœur », en accueillant sa grâce qui fait de nous des hommes nouveaux, avec cette nouveauté surprenante qui est participation à la vie même de Jésus. Que personne parmi nous ne soit donc sourd à cet appel ! (Benoît XVI, mercredi des Cendres 2013)


Mercredi des Cendres


Revenez à moi de tout votre coeur. (Joël 2, 12-18)


Déchirez votre coeur et non vos vêtements, continue le prophète Joël, revenez au Seigneur votre Dieu !

Voilà tout le sens, le but, la raison de ce temps fort que nous offre l'Eglise pour arriver à Pâques et célébrer dans la paix et la joie la Résurrection de Celui qui est le chemin, la vérité, la vie.

En nous demandant de nous délester de tout ce qui nous alourdit (à chacun de voir quels sont ses propres bagages les plus encombrants !) l'Eglise nous invite à mieux goûter le pain de la Parole et celui de l'Eucharistie, et à mieux saisir les exigences du partage.

Le Carême, c'est un temps de conversion, c'est-à-dire un temps d'intensification de notre relation personnelle à Jésus.

Alors bonne route : avancez, comme dit Sainte Claire, confiant(e)s, allègres, et joyeux(ses) !



1er dimanche de Carême


Jésus, rempli de l'Esprit Saint,fut conduit au désert. (Luc 4, 1-13)


En ce temps de Carême, tout comme Jésus, nous sommes invités au désert : un « lieu », un « temps » de solitude, de retrait, de silence (chacun à son rythme et à sa mesure) qui nous permette de prendre de la hauteur par rapport au quotidien, de fortifier notre relation d'amitié avec le Seigneur, pour mieux nous replonger dans ce quotidien.

Mais le désert, c'est aussi un lieu d'absence de vie (pas d'eau), un lieu où peut se manifester le pouvoir du démon, celui qui est, dès le départ, « homicide » (Jn 8, 44). Car il est rusé, intelligent.

En effet, n'est-ce pas bien, bon, charitable même, d'indiquer comment trouver à manger à celui qui a jeûné pendant 40 jours ? Mais si bien sûr ! Et puis, Jésus répond en s'appuyant sur une Parole de Dieu ? Mais moi aussi, dit le démon, je connais la Parole, et je peux aussi appuyer mes réponses sur cette Parole, et même sur deux !

Alors, quelle est la différence entre Jésus et le démon ? Dans ceci : Jésus est rempli de l'Esprit Saint, il se laisse conduire par l'Esprit.

Nous voilà avertis : c'est seulement en nous laissant guider par l'Esprit Saint que nous saurons éviter les pièges de ce démon futé et dangereux, qui, bien déguisé, peut nous faire prendre le bien pour le mal, et le mal pour le bien … (l'actualité française : une parfaite illustration !)

Oui, tout au long de ce Carême, n'éteignons pas en nous l'Esprit : nous saurons ainsi garder ce qui est bon et bien, et nous éloigner de ce qui porte la trace du mal ! (cf 1 Thessaloniciens 5, 19-22)


2è dimanche de Carême


Une nuée survint et les couvrit de son ombre. (Luc 9, 28-36)


Jésus vient d'annoncer à ses disciples qu'il sera mis à mort. 1ère annonce de la Passion. Sans doute les Apôtres n'ont-ils pas bien et pas tout compris. Mais Jésus a dû user d'un ton suffisamment grave pour qu'ils saisissent que ce n'est pas vers la grande joie sans souci qu'ils se dirigent … Et ici encore sur cette montagne, le sujet de la conversation entre Moïse, Elie et Jésus est sans ambiguïté : le voyage à Jérusalem, ce ne sont pas des vacances !!! C'est bien la montée vers la Croix ...

Alors, dans sa grande bonté, le Seigneur se manifeste – la nuée, c'est une expression pour parler du divin (cf la colonne de nuée qui marche avec les Hébreux dans le désert par exemple). Comme il s'est aussi manifesté à Moïse (Exode 33), mais Moïse ne l'a vu que de dos. Comme il s'est manifesté à Elie à l'entrée de sa grotte à l'Horeb (1er livre des Rois 19), mais dans un souffle très léger.

Ici, pour donner en quelque sorte un avant goût aux Apôtres de ce que sera la vie avec le Christ Ressuscité, Dieu fait voir le visage transfiguré et entendre la voix.

Et avec cette manifestation, le pain pour la route d'une certaine manière, il donne aussi une mission (comme à Moïse et Elie) : Ecoutez mon Fils. Le vrai Pain, la vraie Force, le seul Chemin, c'est le Christ Jésus.

Quand nos routes sont opaques, voire ténébreuses, la seule lumière qui vaille, c'est Jésus. Le seul consolateur. Pas un consolateur à l'eau de rose, car le Consolateur, c'est étymologiquement celui qui marche avec qui est seul.

Avançons donc avec confiance et persévérance sur le chemin vers Pâques, puisque nous ne marchons pas seul !



3è dimanche de Carême


Si vous ne vous convertissez pas … (Luc 13, 1-9)


Merci à St Luc d'avoir écrit ainsi son Evangile – et à l'Eglise de n'avoir pas fait de coupure après la 1ère partie !

Non pas qu'un appel à la conversion soit déplacé ! Nous savons bien que ce retournement, ce « dé-tournement » de nos chemins faciles, larges et droits, est un exercice vivifiant de tous les jours – le Carême étant une sorte d'intensification de l'entraînement. Mais ce 1er paragraphe seul nous aurait laissé un goût amer de menace … Quelque chose qui ne nous aurait pas entrainé, mais plutôt le contraire !

Or ce chemin de conversion n'étant déjà pas facile, nous avons besoin, dans notre fragile humanité, d'être encouragés ! Et c'est ce que fait la 2è partie de cet Evangile. Non, Jésus ne nous menace pas, et surtout il ne nous punit pas ! Dieu nous aime et veut notre bien (cf les autres lectures), c'est pourquoi il fait tout pour nous aider, comme un agriculteur ou un jardinier qui prend soin de ses cultures. Oui, il veut notre bien, il nous donne du temps, il prend soin de nous. En sommes-nous persuadés ? Le croyons-nous ?Ne serait-ce déjà pas un beau retournement, que de voir la conversion à laquelle nous sommes appelés comme quelque chose de bon, et non pas une contrariété supplémentaire que nous imposerait l'Eglise ?


4ème dimanche


Il courut se jeter à son cou. (Luc 15, 1-3 . 11-32)


C'est le dimanche « Laetare » (« Réjouissez-vous », en français !). Nous sommes donc invités à nous réjouir, parce que les fêtes de Pâques approchent bien sûr. Mais aussi parce qu'aujourd'hui Jésus nous révèle l'amour démesuré du Père.

Un Père qui aime son cadet au point de le laisser libre, même si cette liberté va le conduire au malheur. Un Père qui aime son cadet au point de ne pas écouter toutes ses excuses quand il revient, mais de courir (un homme oriental un peu âgé déjà ne court pas) et de se jeter à son cou ! Un Père qui aime son cadet au point de continuer dans les excès : vêtements, anneau, festin, musique …

Non décidément, ce fils cadet n'a pas ce qu'il mérite, et peut-être sommes-nous même d'accord avec le fils aîné ! Mais Jésus nous montre aussi l'amour démesuré du Père pour ce fils aîné ! Là aussi, le comportement du Père peut nous étonner. Est-ce qu'on sort pendant un repas quand on en est l'organisateur ? Est-ce qu'un Père supplie son fils, même aîné ? Est-ce qu'un Père peut TOUT donner à son fils ?

Et notre esprit 'mais enfin trouvez-vous ça normal' peut être un peu mal à l'aise avec tout ça …

Alors Jésus nous appelle à un drôle de retournement, assez difficile en fait pour beaucoup d'entre nous : croire que Dieu « Père des miséricordes », à « l'immense bonté » (selon Ste Claire dans son Testament) nous aime d'un amour fou, littéralement. Quoique nous ayons fait, que nous soyons fils cadet ou fils aîné ou les deux !!!

Comment se fait-il que nous ayons tant de mal à croire, 'en vrai', concrètement, au plus profond de nous-mêmes, que nous sommes inconditionnellement aimés ? Alors avec saint Augustin, prions : Seigneur, viens percer la surdité de notre coeur !


5è dimanche de Carême


Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. (Jean 8, 1-11)


Dans les films du célèbre détective Colombo, on connaît le criminel dès le début. Ce qui est passionnant, c’est de voir comment Colombo va finir par le découvrir lui aussi ! Pardonnez la comparaison, mais dans notre Evangile, c’est un peu pareil : Jean nous dit bien que les scribes et pharisiens veulent tendre un piège à Jésus. On sait que Jésus va s’en sortir ... mais quelle pirouette va-t-il faire ? Il est réputé pour sa grande miséricorde pour les plus petits, les rejetés, donc il ne peut pas condamner la femme. Mais s’il ne respecte pas la Loi de Moïse, il est assuré que la lapidation sera pour elle et pour lui !... « Que celui qui n’a pas péché lui jette la 1ère pierre. » Voilà la trouvaille ! Car qui est sans péché ? Personne, sauf Jésus lui-même ! Ces hommes ne sont pas des anges, mais ils sont intelligents et comprennent ... et s’en vont.

Jésus reste seul avec la femme. Il se redresse, c’est-à-dire qu’il la regarde – son regard à lui n’est pas accusateur, ne tue pas, mais bien plein de miséricorde. Ce qui ne signifie pas bon papa gâteau, mou ! Quelle exigence en effet : ne pèche plus ! Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi sous prétexte qu’on est sauvé !!! Mais nous savons désormais ce que Jean écrira aussi dans sa 1ère lettre (3, 20) : « Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur. »


Dimanche des Rameaux


Le Seigneur en a besoin.


Ce dimanche des Rameaux on crie, on acclame, on se réjouit avec Jésus qui entre à Jérusalem, et en même temps, paradoxalement, c'est l'entrée dans la Grande Semaine, Jésus va vivre sa Passion. Tout ce jour des Rameaux est ainsi, un peu surprenant. D'un côté, Jésus se comporte comme un roi, il réquisitionne un animal encore jamais monté (c'est le droit d'un roi à l'époque). D'un autre côté, il monte sur un âne, pas vraiment la monture d'un roi !

D'un côté on entend les gens reprendre presque les mêmes paroles que les anges à Noël : gloire et paix dans le ciel. D'un autre côté, on va vivre la mort de Jésus.

D'un côté, une foule s'est jointe aux disciples et accueille triomphalement Jésus. D'un autre côté, tôt après une foule va crier : « A mort ! Crucifie-le ! ».

Et Jésus parmi tout ça sait où il va et pourquoi : il va mourir pour nous, pour nous entraîner sans sa mort et aussi dans sa Résurrection. Luc nous le fera comprendre particulièrement dans son récit de la Passion. « Le Seigneur en a besoin. » Oui, il a besoin de nous, de chacun. Comme il aura besoin des disciples à Gethsémani … Il a besoin de nous pour l'accompagner dans cette Semaine, même aujourd’hui. Saurons-nous marcher avec lui ? Ou nous laisserons-nous tomber de sommeil comme les apôtres, distraire, détourner par des affaires bien plus importantes, plus intéressantes … ?


Les jours Saints

Nous allons vivre ces jours en méditant le Mystère pascal à l'aide du Credo, en cette année de la Foi, toujours dans le même but précisé par Benoît XVI : mieux connaître notre Foi, pour mieux en vivre au quotidien.

Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa Passion et fut mis au tombeau.


Jeudi Saint : « POUR NOUS »

En ce jour, nous faisons mémoire de l'institution de l'Eucharistie, c'est vrai. (cf 2è lecture). Comme il l'a déjà annoncé 3 fois à ses apôtres, Jésus sait qu'il va mourir puis ressusciter le 3è jour. Il peut donc anticiper cette mort, et donner son corps et son sang, toute sa personne comme gage de la Vie (Jean 6,51-58). Il meurt pour nous, il se donne à nous, il se fait notre nourriture. D'un acte on ne peut plus violent – sa mort dans des conditions physiques et psychologiques atroces – il fait un acte d'amour, pour nous.

Mais l'Evangile nous donne aussi une autre facette de ce jour : le lavement des pieds. Là aussi, comme il se dessaisit de ses vêtements (Jn 13, 4) pour prendre la tenue du serviteur, Jésus se dessaisit de sa vie pour nous (Jn 10,17-18). Il va jusqu'à l'extrême de l'amour. « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir » (Marc 10,45). C'est une autre face du même mystère de l'amour offert jusqu'au bout.

Les deux sont inséparables : forts du Pain pour la route, nous pourrons prendre la tenue du service. Car la conclusion des deux textes est la même : nous sommes appelés à faire mémoire, à faire de même (Jn 13,15 et 1Co11,25).

Rendons grâce au Seigneur pour ce don qu'il a fait, et qu'il continue de faire chaque jour à ceux qui veulent bien le recevoir, se laisser laver par lui. Et demandons-lui son aide, sans laquelle nous ne pouvons rien (Jn 15,15), pour nous laisser, nous aussi, entraîner sur ce chemin du service, du don de soi.


Vendredi Saint : « IL SOUFFRIT SA PASSION »

Dans l’Evangile de Jean, la souffrance de Jésus est moins ‘palpable’ que dans les autres Evangiles. Il reste maître des événements, il sait son Heure enfin venue, il est lucide. Et cependant, même s’il ne s’agit pas de nier la souffrance, il ne faut pas non plus, comme on pu avoir tendance à le faire dans des décennies précédentes, de la sacraliser. Car, comme dit le Père Congar, « Ce n’est pas la souffrance de Jésus qui nous sauve. C’est l’amour avec lequel il a vécu cette souffrance. C’est tout autre chose ! »

Par sa Croix, Jésus ‘convertit’ en quelque sorte le sens de la souffrance. Il nous sauve par le témoignage d’un amour fou qui seul peut nous convertir, nous entraîner vers la Vie. Cf saint Paul qui nous dit que la Croix est folie pour les païens ! Et ne sommes-nous pas parfois (souvent ?) des païens ? ... Dieu ne peut nous sauver sans nous (encore faut-il que nous ayons conscience d’avoir besoin d’être sauvé ...), d’un coup de baguette magique. Il fallait, il faut encore aujourd’hui, que son amour pénètre les cœurs, les convertisse. La Croix, d’une certaine façon, dit par quelles résistances il est passé !

A la suite de Jésus, nous aussi sommes appelés à prendre, à porter notre croix. Invitation exigeante ...car plus ou moins, nous cherchons à nous dérober à notre vérité, à « qui je suis », pour vouloir paraître toujours mieux. Et pour cela, nous pouvons être prêts à écraser le voisin ...

Seigneur, que tes bras ouverts sur la Croix soient mon refuge dans la tempête de la tentation, et ma force pour porter ma croix, jour après jour, sur le chemin de Vie que tu nous ouvres. Je crois, Seigneur, mais viens augmenter ma foi !


Samedi Saint : IL FUT MIS AU TOMBEAU

Jésus est au tombeau. Il est mort.

On connaît le désarroi des disciples particulièrement par le récit des 2 compagnons d'Emmaüs (Luc 24). Imaginons-nous : combien de personnes, comme eux, avaient mis tout leur espoir en ce Jésus, pour diverses raisons. Et tout d'un coup, les voilà réduits à voir leur sauveur suspendu sur une croix. Echec complet, déception cruelle, malédiction …

Jésus est au tombeau. Il est mort.

Je vous souhaite de ressentir tout au fond de votre coeur, ce vide, ce creux, cette souffrance de la perte de celui qu'on aimait, cette absence, cette béance si douloureuse, ce désarroi, vous savez, lorsqu'on a perdu un être cher, qu'on ne sait plus dans quel sens aller, si ça vaut encore la peine d'avancer. Restez au tombeau, devant le vide, la perte.

Parce que, alors, votre joie sera d'autant plus grande. Non, vous ne sauterez pas de joie, non, vous ne crierez pas de joie (quoique l'Alléluia peut se chanter bien même fort !...) mais vous resterez peut-être sans voix : oui, Il est vivant ! Non, vous ne rêvez pas, Il est là, dans votre coeur si abattu, si désorienté, si douloureux !

Ne craignez pas, ne fuyez pas le silence du tombeau. Ne faites pas comme si de rien n'était parce que vous savez que ça se terminera bien ! Le Ressuscité a besoin de ce silence pour mieux vous parler demain …


Dimanche de Pâques

Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures.

Alléluia ! Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

Oui, c'est une grande joie ! Oh bien sûr, concrètement, ça ne change pas grand chose, voire rien : les ennuis, les souffrances d'hier sont sans doute encore là … Mais lorsque nous nous laissons habiter, prendre par cette joie de la Résurrection, cette « Grande Espérance » qu'est le Christ Ressuscité, alors quand même quelque chose a changé ! Dans notre coeur, il y a une lumière, peut-être seulement une flammèche, qui brille, qui ne s'éteint pas … C'est l'assurance que jamais nous ne serons, nous ne sommes abandonnés, seuls. Jamais la mort – toutes les sortes de morts – n'aura, n'a le dernier mot. Laissons surgir cette espérance, même si elle n'a encore pour l'un ou l'autre que la taille d'un petit bourgeon ! Laissons cette parole du Pape François résonner en nous, sans dire trop vite que c'est de l'utopie, laissons-nous pénétrer de cette foi pour la faire nôtre :

« Ne soyez jamais des hommes et des femmes tristes : un chrétien ne peut jamais l’être ! Ne vous laissez jamais prendre par le découragement ! Notre joie n’est pas une joie qui naît du fait de posséder de nombreuses choses, mais elle naît du fait d’avoir rencontré une Personne : Jésus, qui est parmi nous ; elle naît du fait de savoir qu’avec lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Et à ce moment-là vient l’ennemi, vient le diable, si souvent déguisé en ange, et qui insidieusement nous dit sa parole. Ne l’écoutez pas ! Suivons Jésus ! Nous accompagnons, nous suivons Jésus, mais surtout nous savons que lui nous accompagne et nous met sur ses épaules : ici se trouve notre joie, l’espérance que nous devons porter dans notre monde. Et s’il vous plaît ! ne vous laissez pas voler l’espérance ! Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Celle que Jésus nous donne. » (Homélie des Rameaux)


Pentecôte


Je crois en l'Esprit Saint qui est Seigneur, et qui donne la vie.

Comment dire qui est l'Esprit Saint ? Les auteurs bibliques eux-mêmes n'en ont pas donné une définition, mais ils ont utilisé des images pour essayer de nous dire qui il est, comment il agit : le vent, le souffle, l'air, l'eau, la lumière, le feu … Des éléments que nous connaissons, sans la plupart desquels il n'y a pas de vie sur terre.

Oui, l'Esprit donne la vie ! Comme au commencement, dès les premières pages de la Genèse, l'Esprit planait sur les eaux et a donné forme au chaos sans lumière, il vient aussi déposer la vie en nous. Il ne crée rien de nouveau, mais il fait toutes choses nouvelles, il vivifie ce qui, en nous, peut prendre un chemin de mort.

Mais attention, ce n'est pas automatique ! Si saint Paul nous présente le fruit de l'Esprit (lettre aux Galates 5, 22) : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi » - et à qui ce fruit ne fait-il pas envie ?! - saint Luc nous explique aussi qu'il faut le demander, cet Esprit. Mais il nous assure aussi que si nous le demandons, nous sommes sûrs de le recevoir : « Tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants. A combien plus forte raison donc le Père qui est au ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Luc 11, 13)