Avent 2013


Introduction : 1er dimanche de l'Avent

«Je vous le demande, dit le pape François, la lampe de l'espérance est-elle encore allumée ? Est-ce que l'on attend encore le lendemain de Dieu malgré les ténèbres et les échecs humains ?»

Quel message pour ce temps de l'Avent, ce temps de l'attente, de l'attention, de la vigilance. Le Seigneur est venu, il reviendra, mais aussi il vient, chaque jour, à chaque instant. Il veut simplement que notre porte lui soit ouverte, même dans la nuit. Or bien souvent nos soucis, nos échecs nous nous plongent dans l'inquiétude, le désespoir et nous n'entendons pas le Seigneur qui frappe.

L'Avent est un temps pour nous entraîner à reconnaître la présence de Dieu dans notre quotidien, dans notre histoire, personnelle et communautaire. Si à Noël, nous faisons mémoire de la venue de Dieu dans notre chair il y a 2000 ans, nous savons qu'Il vient encore à chaque instant de nos vies, si nous voulons bien L'accueillir, Lui notre Grande Espérance, Lui qui est Lumière pour qui ouvre les yeux.

Mais attention, le Seigneur frappe, il ne tambourine pas à notre porte. Il est Dieu-avec-nous. Entraînons-nous, pendant ce temps de l'Avent, à devenir toujours plus et mieux des êtres-avec-Lui ! Ainsi notre vie sera irradiée de sa Présence pleine d'amour, la lampe de notre espérance pourra rester allumée malgré tout ! Et nous garderons vivant notre désir d'accueillir le Seigneur dans notre quotidien.


Viens, Espérance des hommes, viens au cœur de notre vie !


Tout au long de l'Avent, nous marcherons en compagnie du pape émérite Benoît XVI et son encyclique sur l'Espérance (Spe Salvi)


« Le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté, s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu'il peut justifier les efforts du chemin. (…) [Et voici ce terme,] la Grande Espérance : je suis définitivement aimé, et quel que soit ce qui m'arrive, je suis attendu par cet Amour. » (Spe Salvi, 1 et 3)


2è dimanche de l'Avent

« Un premier lieu essentiel d'apprentissage de l'espérance est la prière. Si personne ne m'écoute plus, Dieu m'écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne, je peux toujours parler à Dieu. S'il n'y a plus personne qui peut m'aider, Lui peut m'aider. () Celui qui prie n'est jamais totalement seul. De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l'inoubliable cardinal Nguyên Van Thuan nous a laissé un précieux petit livre : Prières d'espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l'écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler deviennent pour lui une force croissante d'espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l'espérancede la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude. » (Spe Salvi 32)


LImmaculée Conception

« La vie est comme un voyage sur la mer de l'histoire, souvent obscur et dans l'orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d'espérance. Certainement, Jésus Christ est la lumière, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l'histoire. Mais pour arriver jusqu'à Lui, nous avons besoin aussi de lumières prochesde personnes qui donnent une lumière en la tirant de Sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée. Et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l'étoile de l'espéranceelle qui par son « oui » ouvre à Dieu lui-même la porte de notre monde ; elle qui devint la vivante Arche de l'Alliance dans laquelle Dieu se fit chair, devint l'un de nous, planta sa tente au milieu de nous ? () Sainte Marie, tu demeures au milieu des disciples comme leur Mère, comme Mère de l'espérance. Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers Son règne ! Etoile de la mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route ! » (Spe Salvi 49-50)


3è dimanche de l'Avent

« Nous avons besoin des espérancesdes plus petites ou des plus grandesqui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin. Mais sans la grande Espérance, qui doit dépasser tout le reste, elles ne suffisent pas. Cette grande Espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l'univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre. () Dieu est le fondement de l'espérancenon pas n'importe quel dieu, mais le Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu'au boutchacun individuellement et l'humanité tout entière. Son règne n'est pas un au-delà imaginaire, placé dans un avenir qui ne se réalise jamais ; Son règne est présent Il est aimé et Son amour nous atteint. Seul Son amour nous donne la possibilité de persévérer avec sobriété jour après jour, sans perdre l'élan de l'espérance, dans un monde qui, par nature, est imparfait. » (Spe Salvi 31)


4è dimanche de l'Avent

« Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour. () Lorsque quelqu'un, dans sa vie, fait l'expérience d'un grand amour [humain], il s'agit d'un moment de « rédemption » qui donne un sens nouveau à sa vie. Mais très rapidement il se rendra compte que l'amour qui lui a été donné ne résout pas, par lui seul, le problème de sa vie. Il s'agit d'un amour qui demeure fragile. () L'être humain a besoin de l'amour inconditionnel. Il a besoin de la certitude qui lui fait dire : « Ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ. » () Jésus Christ nous a rachetés. Par Lui, nous sommes devenus certains de Dieud'un Dieu qui ne constitue pas une lointaine « cause première » du mondeparce que son Fils unique s'est fait homme, et de Lui chacun peut dire : « Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. » (Ga 2,20) (Spe Salvi 26)


Noël

« Dans le récit de ses Confessions, saint Augustin écrit : « Le Christ intercède pour nous, sans Lui c'est le désespoir ! Elles sont nombreuses, ces langueurs, et si fortes ! Nombreuses et fortes mais ton remède est plus grand. En croyant que ton Verbe était beaucoup trop loin de s'unir à l'homme, nous aurions bien pu désespérer de nous, s'Il ne s'était fait chair, habitant parmi nous. » En raison de son espérance, Augustin s'est dépensé pour les gens simples et pour sa villeil a renoncé à sa noblesse spirituelle et il a prêché et agi de façon simple pour les gens simples. » (Spe Salvi 29)