Les 10 ans du centre spirituel de la Pomarède

Pentecôte

22 – 23 mai 2010

 

Conférence de Mgr Georges Soubrier pour les 10 ans de la Pomarède

 

 

 

 

                 

 

                                                          

 

Conférence de Mgr Georges Soubrier pour les 10 ans de la Pomarède

 

A l’occasion des 10 ans de fondation du centre spirituel de la Pomarède, un peu au-dessus de la Devèze, Mgr Soubrier, évêque émérite de Nantes, a donné une conférence. Son sujet, en cette année sacerdotale : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur ».

Il a commencé par nous donner quelques éléments de la vie du Saint Curé d’ars, Jean Marie Vianney, que notre Pape Benoît XVI a donné comme patron à tous les prêtres du monde entier. Quand Jean Marie Vianney est arrivé  à Ars la 1ère fois, il a été accueilli par un jeune garçon qui lui a indiqué le chemin pour aller à sa paroisse, et le curé lui a répondu : « Tu m’as montré le chemin pour aller à Ars, je te montrerai le chemin pour aller au Ciel ! ». Et ce sera le but de toute sa vie de prêtre. Ars comptait à ce moment 230 habitants. À la fin de la vie de son curé, on verra des pèlerins affluer par dizaines de milliers de personnes, jusqu’à 120 000 même ! Comment expliquer ce succès ? Le curé d’Ars avait  pourtant bien conscience de sa fragilité, de son indignité, de ses faiblesses. Mais il disait aussi que « le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus ». Et fort de cette conviction, de cette foi, on peut en réaliser des miracles ! Oh il n’était pas forcément bien savant, notre curé d’Ars, ses études au séminaire avaient été très laborieuses, il lui aura fallu de la persévérance, et aussi la confiance de certaines personnes, tel son curé Monsieur Balley par exemple, pour arriver à la prêtrise. Son évêque dira un jour : « Je ne sais pas s’il est instruit, mais le Saint Esprit se charge de l’éclairer » ! Oui, Dieu travaille, et Mr Vianney se laisse travailler. Il se donne tout entier dans sa charge de pasteur : homme de foi, de passion pour le salut des âmes de ses paroissiens, il est envahi du désir d’annoncer la joie du salut. Pour cela, il passera des heures au confessionnal, au catéchisme avec les enfants, proche des gens, humble, plein d’amour pour ses paroissiens, mais aussi pour ses confrères qui ne seront pas toujours tendres envers lui ! La prière, la relation confiante avec son Seigneur, la célébration de l’Eucharistie, voilà ce qui le fait vivre. « Que c’est malheureux un prêtre qui n’est pas intérieur ! » s’exclamera-t-il. Il connaissait bien sa pauvreté, mais il savait aussi qu’un Autre le conduisait. Des siècles plus tard, Jean Paul II dira, lors d’un voyage au Gabon, que la première fidélité du prêtre, c’est de croire à son propre ministère. Ce qui est extraordinaire, ce n’est pas ce que fait le prêtre, mais bien ce que Dieu fait par lui !

Donc, nous avons un « saint » curé d’Ars. Est-ce à dire, puisque le pape le propose comme patron des prêtres, qu’il faut que les prêtres d’aujourd’hui l’imitent ? Non, nous dit Mgr Soubrier : pas de concordisme, pas de transposition à l’identique !  Son époque n’est pas la nôtre, vivons donc au XXIè siècle puisque nous y sommes. Mais par contre, regardons le sens de la vie du curé d’ars, ce qui l’animait, et là oui, prenons de la graine !

Notre époque n’est plus celle de la moisson, ni même celle des semailles, mais bien celle des labours ! C’est l’hiver des vocations, mais l’hiver c’est aussi le temps de l’espérance avant la levée de la moisson ! Le sacrement de l’espérance n’est pas dans la liste des sacrements, mais il faut le cultiver ! « Seigneur, regarde la foi de ton Eglise » disons-nous à la messe. Nous avons des prêtres, peu, et de moins en moins. Mais ils sont là. Certains sont faibles, tombent, fautent gravement, mais pas tous, loin de là, pas même la majorité. Sans nier la très grande gravité des faits, n’oublions pas, malgré tout ce que les médias veulent nous faire avaler, que la plupart des prêtres se dévouent tout entiers, comme le curé d’Ars, à leur charge de pasteurs ! Ils doivent savoir hiérarchiser leurs valeurs : le Christ, leur vie de relation avec Lui, la prière, l’Eucharistie, la relation fraternelle entre eux, tout cela devrait passer en premier, les nourrir pour vivre leur ministère selon la volonté du  Seigneur. Et nous devons les aider à vivre cette charge qui est la leur, pas toujours facile, quelquefois compliquée par nos exigences ... Tous nous sommes des humains, donc fragiles, mais tous nous devons garder cette belle formule, et essayer de la vivre au quotidien : « Ni mollusques, ni crustacés, mais vertébrés », nous dit le Père Soubrier, avec humour (qualité qu’avait aussi le curé d’Ars !). Tous ensemble, chacun selon notre vocation, soyons des êtres humains debout, désirant répondre à l’appel que le Christ nous adresse, confiants en celui qui est amour et qui redit à chacun : Ne crains pas petit troupeau !

Merci à Mgr Soubrier pour son témoignage de foi, le partage de son expérience, exprimé avec cette conviction, cet enthousiasme que nous lui connaissons !

 

                       

                                                          

 

Lien vers le site de la Pomarède : www.la-pomarede.cef.fr

 

 

 

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