800 ans de la fondation de l’Ordre Franciscain

 

Neuvaine à Saint François



 Samedi 26 septembre

En 1181 ou 1182, naît à Assise Jean, fils de Pierre Bernardone et de Dame Pica. Le père est un riche marchand drapier, et lors de son retour de France, il surnomme son fils François. François est un boute-en-train, et toute la jeunesse d’Assise profite de ses largesses. Il rêve de devenir chevalier, ce qui serait une promotion sociale pour lui qui fait partie des Minores. Après la guerre d’Assise contre Pérouse il reste captif là-bas pendant environ un an ; s’ensuit une longue maladie. Lors d’un départ comme chevalier, la voix du Seigneur lui dit qu’il ne faut pas servir le serviteur mais le Maître. Petit à petit la vie de François change, il se convertit à la volonté sur Seigneur.

Le parfait zélateur de l'observance du saint Evangile qu'était saint François désirait avec beaucoup d'ardeur que tous observent notre règle qui n'est autre que celle parfaite de l'évangile. Il donnait une bénédiction spéciale à ceux qui sont, ou seront, ses zélateurs. Il disait en effet à ses émules que la règle que nous professons est le livre de vie, l'espérance du salut, le gage de la gloire, la moelle de l'Evangile, la voie de la croix, l'état de perfection, la clef du paradis et le pacte de l'éternelle alliance. Il voulait que tous la comprennent et la connaissent et que les frères en discutent souvent dans leurs entretiens pour remédier au découragement et qu'en souvenir des voeux prononcés, chacun méditât souvent en lui-même sur elle. (Miroir de perfection n° 76)

Si quelqu'un, sous l'inspiration de Dieu veut mener cette vie et vient à nos frères, que ceux-ci le reçoivent avec bonté. (Saint-François 1ère Règle 2, 1)



Dimanche 27 septembre

1- Rencontre avec le lépreux Un jour, alors qu’il se promène à cheval dans la plaine autour d’Assise, François croise un lépreux et en éprouve de l’horreur. Mais celui qui veut devenir «soldat du Christ» saute de cheval, embrasse le lépreux et lui donne une aumône. Un autre jour, François sort dans la campagne pour méditer, et entre dans l’église Saint Damien, qui tombe en ruine. Là tandis qu’il prie devant le Crucifix, le Christ lui dit par trois fois : «François, va et répare ma maison qui tu le vois, tombe en ruine ! » Après cela François va se mettre à restaurer les églises en ruine de la région. Il ne comprendra que plus tard, que le Christ lui demandait de restaurer l’Eglise Universelle.

Un jour qu'il pleuvait très fort et qu'il allait à cheval contraint par la maladie et une grande nécessité, François descendit de cheval, quand il voulut dire les Heures, et, bien qu'il fût déjà tout trempé, il dit l'office debout sur la route, continuant à recevoir la pluie, avec autant de ferveur et de respect que s'il avait été à l'église ou dans sa cellule. Il dit à son compagnon : « Si le corps veut manger en paix et dans la tranquilité sa nourriture qui, comme lui, alimentera les vers, avec quel respect et quelle piété l'âme devrait recevoir sa nourriture, c'est-à-dire Dieu lui-même. » (Miroir de perfection n° 94)

Après que le Seigneur m 'eut donné des frères, personne ne me montra ce que je devais faire, mais le Très Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon le saint Evangile. (Testament 14)



 Lundi 28 septembre

2 - François nu devant l’évêque Pour restaurer l’église, François a besoin d’argent, alors il dérobe des pièces de tissu au magasin paternel, les vend, et en apporte le prix au prêtre de saint Damien, qui le refuse par peur de la famille. Effectivement, son père accourt, et récupère son argent. Cependant à  la suite de cela, il traduit son fils devant l’évêque pour le déshériter.  En réponse, devant tous les habitants d’Assise réunis sur la place, François enlève tous ses vêtements et les rend à son père et, une fois nu, lui déclare : «jusqu’ici je t’ai appelé père sur la terre ; désormais je puis dire avec assurance : Notre Père qui es aux cieux, puisque c’est à Lui que j’ai confié mon trésor et donné ma foi.»

Saint François disait : « Si le serviteur de Dieu s'applique à acquérir et à conserver intérieurement et extérieurement la joie de l'esprit qui provient de la pureté du coeur et s'obtient par la piété de l'oraison, les démons ne peuvent en rien lui nuire et disent : « Parce que le serviteur de Dieu possède la joie dans les ennuis comme dans la prospérité, nous ne pouvons trouver de moyens d'entrer en lui et de lui nuire. » Mais ils se réjouissent quand ils peuvent tarir ou empêcher d'une façon ou d'une autre la piété et la joie qui provient d'une authentique prière et d'autres oeuvres saintes. (Miroir de perfection n° 95)

Ainsi poussé et tonifié par l'Esprit Saint, voilà notre serviteur du Très Haut [François] qui, le moment étant venu, s'abandonne à la sainte passion de son âme et foule aux pieds les biens de ce monde pour conquérir des biens meilleurs. (1ère Vie de Celano n° 8)



Mardi 29 septembre

3 - Vocation de Bernard de Quintavalle Bientôt, Bernard de Quintavalle, qui a entendu l’appel de Dieu, vient trouver François pour savoir ce qu’il doit faire pour marcher à sa suite. François et ce premier frère vont à l’église Saint-Nicolas et prient, puis par trois fois ouvrent l’évangéliaire, où Dieu leur dit ce qu’Il veut : «Si tu veux être parfait, va, vends tous tes biens et donnes-en le prix aux pauvres. » La seconde fois : «Pour voyager,  n'emporte rien. » ; «Si quelqu’un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, prenne sa croix et me suive.» ; Et François s’exclame que là est la vie et la règle de ceux qui veulent venir avec eux, et dit à Bernard de mettre en pratique ce qu’il vient d’entendre.

Un frère, qui était la proie d'une tentation, dit au saint, un jour qu'ils étaient seul à seul : « Père, prie pour moi : je crois que si tu daignes le faire, je serai aussitôt libéré de mes tentations. Car je suis tourmenté au-delà de mes forces et je sais que tu ne l'ignores pas. » Saint François lui dit : « Mon fils, crois-moi : c'est pour cela justement que je te considère davantage comme un serviteur de Dieu et tu sauras que plus tu es tenté, plus tu m'es cher. Je te le dis en vérité, personne ne doit se croire serviteur de Dieu, tant qu'il n'a pas traversé les épreuves et les tentations. Une tentation vaincue est comme une alliance que le Seigneur passe au doigt de son serviteur. Certains se vantent de mérites accumulés au cours de nombreuses années ; ils se félicitent de ne pas avoir été soumis à l'épreuve ; qu'ils se disent que c'est la faiblesse de leur âme qui a été prise en considération par le Seigneur : dès avant la première passe d'armes, la peur aurait suffi à les vaincre. Les rudes combats sont réservés aux âmes fortes. » (2è Vie de Celano n° 118)

Quand saint François entendit que les disciples du Christ ne doivent posséder ni or ni argent ni monnaie, qu'ils ne doivent emporter pour la route ni besace ni pain ni bâton, qu'ils ne doivent avoir ni chaussures ni deux tuniques, qu'ils doivent prêcher le royaume de Dieu et la pénitence, il fut transporté aussitôt de joie dans l'Esprit Saint : « Voilà ce que je veux, s'écria-t-il, voilà ce que je cherche, ce que, du plus profond de mon coeur, je brûle d'accomplir ! » (1ère Vie de Celano n° 22)

Mercredi 30 septembre


4 - La vocation de Claire François est maintenant entouré de plusieurs frères, et une noble jeune fille d’Assise, Claire est attirée elle aussi par leur vie pauvre à la suite du Christ. Elle s’enfuit de la maison paternelle pour les rejoindre, et se consacrer à Dieu, mais sa famille est contre ce projet et tente sans succès de la ramener de force à la maison. Claire, bientôt rejointe par sa sœur et d’autres jeunes filles, s’installe à Saint Damien, la première église restaurée par François.

François s’efforçait de maintenir toujours au moins son esprit en présence du Seigneur par une prière ininterrompue, pour n’être point sans réconfort du Bien Aimé. Car c’était pour lui un réconfort dans la méditation que de prier et de parcourir les demeures du ciel. Et c’était un appui dans l’action car en tout ce qu’il entreprenait, il mettait sa confiance dans la bonté de Dieu, non dans ses propres forces, et sa prière de tous les instants lui permettait de se débarrasser dans le Seigneur de tout souci. (Legenda Major de St Bonaventure chap. 10,1)


Peu de temps avant que la transformation de son cœur n’apparût dans ses habitudes de vie, il lui arriva de se promener un jour du côté de l’église Saint Damien, une église presque en ruines et abandonnée de tous ; poussé par l’Esprit, il entra pour prier. Prosterné, suppliant devant le crucifix, il fut touché et visité de grâces extraordinaires qui le rendirent tout autre que celui qu’il était en entrant. Encore tout ému, il entendit soudain par un miracle inouï ce tableau qui lui parlait, l’appelant par son nom : « François, lui disait-il, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines ! »Effrayé, stupéfait, François était incapable de trouver quoi que ce fût à répondre ; il se mit en devoir d’obéir et concentra toutes ses forces pour exécuter. (2è Vie de Celano n° 10)



Jeudi 1er octobre


5 - François va chez les sarrasins et prêche devant le Sultan. François a le désir ardent de convertir les sarrasins. Après plusieurs tentatives, il parvient à rencontrer le Sultan. François lui annonce l’Evangile du Christ. Le Sultan est émerveillé par les paroles du saint, et le traite avec beaucoup d’égards et de dévotions, et lui offre des présents que François rejette. Celui-ci constatant qu’il n’obtiendrait pas ce qu’il désirait revient en pays chrétien.

Aux frères qui lui demandaient un jour à quoi l’on reconnaît le religieux vraiment obéissant, il proposa en parabole l’exemple du cadavre : « Prenez, dit-il, un corps que l’âme a quitté et placez-le n’importe où : vous verrez qu’il ne mettra aucune mauvaise grâce à se laisser manœuvrer, ne se plaindra pas de la posture où on le laisse, ne réclamera pas son changement. Installé dans une chaire, ce n’est pas en haut qu’il regardera mais en bas ; revêtu de pourpre, il n’en paraîtra que deux fois plus pâle. Voilà le parfait obéissant qui ne s’institue pas juge des raisons de son transfert, n’intrigue pas pour se voir désigner tel couvent, n’est pas toujours à demander son changement ; s’il reçoit une charge, il conserve son humilité ; plus il est comblé d’honneurs, plus il se juge indigne. » (Legenda Major de St Bonaventure chap 6, 4)


Pour se soustraire peu à peu au tumulte du siècle, [François] s’étudiait à retrouver Jésus Christ dans le recueillement de son âme, tout en cachant aux yeux des égarés la perle de l’Evangile qu’il désirait acquérir en vendant tous ses biens. Souvent, presque tous les jours, il allait se mettre en oraison secrètement ; il s’y sentait en quelque sorte contraint par la douceur qu’il goûtait et qui, pénétrant souvent son âme, même sur la place et dans les autres lieux publics, le poussait à la prière. (Légende des Trois Compagnons n° 8)



Vendredi 2 octobre

6 - Le partage du raisin. Les frères vivent dans l’austérité, mais sans toujours le discernement qui doit l’accompagner. Une nuit, un frère qui avait jeûné beaucoup trop longtemps, se réveille parce qu’il meurt de faim. François comprend ce qu’il lui arrivait, lui sert à manger et pour éviter qu’il n’ait honte, il commence lui même à manger et l’invite à faire de même, ce que le frère fait volontiers. Il encourage les frères à faire de même, pour être des modèles non par le jeûne mais par la charité.


[Saint François] s’apostrophait aussi lui-même : « Un brigand serait bien plus reconnaissant que toi, François, s’il avait reçu les mêmes grâces que toi ! » Aux frères, il disait souvent : « On ne doit jamais se vanter et se féliciter, car ce serait criminel, d’une action dont un pécheur est capable : un pécheur peut jeûner, prier, pleurer, mortifier sa chair ; une seule chose lui est impossible : être fidèle à son Seigneur. Nous n’avons à mettre notre point d’honneur qu’à rendre au Seigneur la gloire qui lui revient, et à porter à son compte, en serviteurs fidèles, tous les biens dont il nous a comblés. » (Legenda Major de St Bonaventure chap 6, 3)


Il se mit à prier le Seigneur de lui indiquer sa voie, car il ne s’ouvrait à personne de son secret et, sur ce point, il ne voulait consulter que Dieu seul, qui avait commencé à diriger sa vie – et parfois encore l’évêque d’Assise. (Légende des Trois Compagnons n° 10)


Samedi 3 octobre


7 - Saint François reçoit les stigmates Du 15 août au 29 septembre 1224, François se retire sur le mont Alverne pour célébrer le carême de la Saint-Michel. Vers la fête de la croix Glorieuse le 14 septembre, tandis qu’il est en prière, il voit descendre du ciel un séraphin aux six ailes resplendissantes qui s’approche de lui. François voit entre ses ailes un homme crucifié sur une croix. Deux ailes s'élèvent au-dessus de sa tête, deux autres restent déployées pour le vol, les deux autres lui voilent le corps. La vision disparut après avoir marqué la chair de François des clous de l’homme crucifié : les stigmates de la Passion du Christ.


L’humilité, sauvegarde et parure de toutes les vertus, surabondait en l’homme de Dieu. « Si le Fils de Dieu, disait-il, est descendu de toute la hauteur qui sépare de notre abjection le sein du Père, c’est pour nous apprendre l’humilité, lui Seigneur et Maître, par la Parole et par l’exemple. » Et il répétait volontiers cette maxime : « L’homme ne vaut que ce qu’il vaut aux yeux de Dieu, et rien de plus. » (Legenda Major de St Bonaventure chap 6,1)


Durant la nuit, [François] entend le Seigneur lui dire tout familièrement : « François, qui peut te donner davantage : le maître ou le serviteur, le riche ou le pauvre ? » François répond évidemment que c’est le maître et le riche. Et le Seigneur de rétorquer aussitôt : « Pourquoi, s’il en est ainsi, abandonner le Maître pour le serviteur, et, pour courir après un pauvre qui est un homme, délaisser le Riche qui est Dieu ? » Et François : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? ». « Retourne en ton pays, dit le Seigneur, car ta vision était l’anticipation figurée d’un événement tout spirituel qui s’accomplira non de la façon que l’homme propose, mais selon celle que Dieu dispose. » Au matin, François se dépêcha de rebrousser vers Assise ; confiant, joyeux et déjà modèle d’obéissance, il attendit la volonté du Seigneur. (Legenda Major de St Bonaventure chap1, 3)


Dimanche 4 octobre : Solennité de Saint François


8 - Mort et funérailles de Saint François François meurt le 3 octobre 1226, entouré de ses frères. Le lendemain matin, entouré d’une foule portant cierges et rameaux et chantant des hymnes et des cantiques, le corps de François s’arrête à Saint Damien, où Sainte Claire et ses sœurs peuvent le voir une dernière fois, comme il leur avait promis, puis est inhumé à l’église Saint Georges d’Assise. Saint François sera canonisé le 12 juillet 1228 par le pape Grégoire IX, ce dernier demandera à Thomas de Celano d’écrire une vie du saint.


[François] disait encore : « Une peinture représentant notre Seigneur ou la bienheureuse Vierge les honore et nous rappelle leur souvenir ; cependant, le tableau ne s’attribue d’autre mérite que d’être ce qu’il est : du bois et de la couleur. Le serviteur de Dieu est comme une peinture : une créature de Dieu par laquelle Dieu est honoré à cause de ses bienfaits. Il ne doit donc pas s’attribuer à lui-même plus de mérite que ne le font le bois et la couleur. C’est à Dieu seul qu’il fut rendre honneur et gloire. » (Légende de Pérouse n° 104)


[François] s’abandonna dès lors à l’esprit de pauvreté, au goût de l’humilité et aux élans d’une piété profonde. Alors que jadis, non seulement la compagnie, mais la vue d’un lépreux, même de loin, le secouait d’horreur, il se mettait dorénavant, avec une parfaite insouciance pour lui-même, à leur rendre tous les services possibles, toujours humble et très humain, à cause du Christ crucifié. (Legenda Major de St Bonaventure chap 1, 6)







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